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28-10-2009
De la pleine conscience au bonheur

La pleine conscience est un sujet à la mode et c’est tant mieux. Ce 23 octobre était organisée à Bruxelles une journée interdisciplinaire d’étude sur la pleine conscience avec Matthieu Ricard, Christophe André, Pierre Philippot et Thierry Janssen.

 

Cette journée interdisciplinaire d’étude sur la pleine conscience a pu montrer deux visions possibles de la pleine conscience, une vision de la pleine conscience en tant qu’outil de développement personnel ou thérapeutique et une vision de la pleine conscience en tant qu’attitude existentielle.

 

Rappelons que la pleine conscience (ou "mindfulness" en anglais) est un thème central de la philosophie bouddhiste. Selon John Kabat-Zinn, le précurseur des applications cliniques de ce concept, la pleine conscience signifie "faire attention d’une manière particulière : délibérément, au moment présent et sans jugement de valeur." L’étude de la mindfulness et de ses effets est aujourdhui au cœur des recherches scientifiques en neurosciences affectives. Ces recherches ont montré que la pratique de la mindfulness pouvait avoir des effets bénéfiques sur le système immunitaire, la gestion des émotions, l’anxiété et la dépression.

 

L’utilisation de la pleine conscience en tant qu’outil thérapeutique est déjà fort connue dans le traitement de la dépression, de l’anxiété, la gestion du stress et la régulation de l’humeur en général. Les effets mesurés sur la réduction de la tension artérielle, du rythme cardiaque, des maladies dermatologiques pour ne citer que ces paramètres en font un outil thérapeutique extraordinaire et peu coûteux de surcroît.

 

Dans la première stratégie que je décris dans "Le bonheur ou le stress, la décision de chaque instant" qui est celle de l’attention juste, les techniques explicitées font directement référence à la pleine conscience. Cette capacité d’être présent sans filtres, sans jugements, et sans attentes (cette dernière des trois conditions étant la plus difficile) est le chemin pour être heureux. En effet les pensées automatiques de jugement, de comparaison, d’interprétation ont tôt fait de nous plonger dans des émotions aussi destructrices que l’anxiété, l’énervement ou la déception.

La pleine conscience change donc notre rapport d’avec nos pensées, améliore la flexibilité mentale et stoppe la rumination si caractéristique des pathologies mentales.

 

Mais la pleine conscience n’est pas qu’un outil thérapeutique extraordinaire, c’est aussi une finalité en soi, une attitude existentielle car non seulement on y trouve un entraînement cognitif essentiel mais aussi un développement du ressenti corporel et donc un développement de la conscience d’être, ce qui nous mène tout droit au bonheur.

 

La sensualité que je présente comme la troisième stratégie du bonheur découle directement de la pleine conscience. Cet effet de la pleine conscience n’est pas encore étudié mais on pourrait y trouver là une des clés du bien-être. Au plus la conscience de notre corps et de notre environnement se développe grâce à l’entraînement de la pleine conscience, au plus nous devenons sensibles aux stimulations sensorielles et au plaisir qu’elle nous apporte. Respirer, sentir l’air et ses parfums, le mouvement de son corps nous ramènent au présent oui, mais surtout nous apportent des sensations agréables et nous font ressentir le "plaisir d’être" vivant, d’être en connexion permanente à notre environnement grâce à nos cinq sens.

 

La méditation de la pleine conscience n’est donc pas une simple méditation sur la présence à "ce qui est", ce qui serait déjà extraordinaire tant les effets, nous l’avons vu, sont fabuleux, c’est aussi et surtout une ouverture à ressentir et jouir de "ce qui est", à la manière d’un enfant toujours émerveillé, à la manière d’un artiste en communion avec la beauté, à la manière d’un amant amoureux de l’univers.

 

Un jour Krisnamurti, sans doute un des plus grand maîtres de la pleine conscience, marchait dans la campagne en Inde et témoignait à la vue d’un cortège de moines passant sur le chemin et récitant des mantras et étant pleinement présent à leur marche et leur chant : ont-ils vu ce ciel majestueux au-dessus de leur terre, se sont-ils extasiés sur le rouge de ces montagnes dans le coucher du soleil, ont-ils pu jouir de ce parfum unique à cette heure de la journée, de cette qualité de lumière et de ce vert merveilleux que l’on voit en cet instant ? En ont-ils seulement profité ?

 

Eric Remacle

 

8-9-2008 :
C’est la rentrée, pourquoi ne décideriez-vous pas d’être heureux ?

Ce début d’année scolaire et de retour des vacances est classiquement la période des grandes résolutions et des nouveaux projets. Mais quels sont ceux et celles d’entre nous qui pensent avant tout à leur bonheur intérieur ? En cette période de renouveau, pourquoi ne décideriez-vous pas d’être heureux pour toujours ?

 

Pourquoi ne décideriez-vous pas d’être heureux pour le restant de vos jours, de façon permanente  ? C’est possible. Ceux qui on lu le livre « Le bonheur ou le stress, la décision de chaque instant » savent que cette décision doit être solennelle et empreinte de la compréhension suivante : le bonheur est inconditionnel et il est sans raison. Il est inconditionnel car le bonheur ne dépend d’aucune condition extérieure (sauf les besoins physiologiques de base qui doivent être remplis bien entendu) et il est sans raison car, dès que vous mettez une raison à votre bonheur, ce n’est plus du bonheur mais de la joie.

 

Joie ou bonheur ?

 

Dès que vous vous dites je suis heureux parce que j’ai ceci ou cela ou que vous formiez un nouveau projet... votre bonheur est bien fragile car, sans le « ceci ou cela » ou le projet, vous voilà bien malheureux... « Enfin il fait beau, je suis heureux… », « Ah je suis en vacances, je suis heureuse ». Ah bon ? Et quand il fait mauvais, vous êtes malheureux alors ? Et quand vous n’êtes pas en vacances, est-il vraiment impossible d’être heureux ?

 

Nous le constatons aisément, le bonheur ne dépend pas d’un quelconque événement extérieur mais d’abord d’une décision. Où que nous soyons (outre les cas extrêmes), nous pouvons être heureux si nous savons être présents.

 

Or qu’est-ce qu’être présent ? C’est avant tout ne pas confondre joie et bonheur. Les joies sont toutes extérieures et le bonheur est intérieur. Nouveau projet, nouvelle maison, vacances, nouveau compagnon, compagne, moments de détente etc. sont toutes des joies qu’il est bon d’apprécier mais qu’il est tout aussi bon d’appréhender pour ce que ces événements sont réellement : des moments de « bonus », des moments agréables (qui passeront de toute façon), que l’on prend et que l’on s’offre mais dont on n’est pas esclave.

 

Recherche de la joie (désir) et stress

 

Alors pourquoi se focaliser, comme le fait la grande majorité des être humains, sur ces événements extérieurs ? Car dès que l’on se focalise sur ces joies-là, le stress arrive, provoqué par la peur de perdre, l’anxiété de ne pas avoir, la colère puis la tristesse que les événements ne sont pas conformes à ce que l’on attend. Un simple exemple illustre à quel point nous sommes focalisés à outrance sur les joies et pas assez sur notre bonheur : vous avez prévu d’aller au cinéma (théâtre, soirée, dîner, sortie..) et un événement imprévu comme un retard ou le mauvais temps vous fait manquer cet événement... la déception vous envahit alors et votre humeur en prend un coup pour quelques heures... Au fond, l’être qui développe sa conscience ne devrait pas être touché par cet événement manqué car pour lui cet événement n’a pas de réelle importance, il n’est que secondaire, c’est une joie manquée, il y en aura d’autres, l’essentiel est toujours là : le bonheur d’exister.

 

Décision d’être présent

 

Le bonheur est l’état naturel, quasi hormonal, chimique de l’être humain quand celui-ci n’est plus obnubilé par les joies extérieures. Aucune espérance de joies extérieures ne vient troubler son bonheur intérieur. Mais pour cela il faut savoir être, c’est-à-dire peu penser et retrouver cette capacité naturelle à jouir de la vie de manière sensuelle et, grâce à ses sens, retrouver cette capacité naturelle à se sentir connecté à l’univers infini qu’il compose et dont il est composé. Pourquoi, en cette période de renouveau, ne décideriez-vous pas de cultiver cela avant tout autre projet ? N’est-ce pas là l’essentiel ?

 

Bonne journée.

 

Eric Remacle

 

8-5-2008 :
Lors d’une situation de stress, testez le pouvoir de l’attention juste sur l’essentiel

Lors d’une situation de stress, quelle qu’elle soit, utilisez le pouvoir de l’attention juste sur l’essentiel pour retrouver la sérénité.

 

Qu’est donc l’essentiel ? Nous l’avons vu dans le livre « Le bonheur ou le stress, la décision de chaque instant », l’essentiel est votre bonheur et votre harmonie que vous pouvez obtenir grâce aux quatre actions que nous avons décrites dans le livre, à savoir l’attention juste, la pensée juste, la décision juste et la sensualité.


Or que se passe-t-il quand nous nous stressons ? Généralement notre mental nous projette dans un autre monde que le monde réel. Cela peut être le monde des suppositions, des regrets, des désirs ou des comparaisons, brefs toutes ces pensées créant soit de l’anxiété ou de la colère (pensées dirigées vers le futur), soit de la tristesse ou encore de la colère (pensées dirigées vers le passé).

 

Lorsque nous nous stressons, notre mental est donc très envahissant et nous projette dans un monde temporel qui est tout sauf le présent. Or l’essentiel c’est le présent. Seul le présent qui est la vie qui passe ici et maintenant est essentiel car c’est le seul moment où l’on peut être heureux.

 

Pourtant lorsque nous sommes dans le stress, nous ne sommes jamais dans le présent.. Nous perdons l’essentiel de vue. Nous nous énervons, nous tracassons pour des situations à venir ou passées.


L’idée principale développée dans mon livre est que nous avons toujours le choix, le choix de décider ou porter notre attention, soit sur ces pensées de souffrances, soit sur l’essentiel, à savoir le moment présent.


Lorsque nous prenons conscience de ce mécanisme et que nous voulons changer apparait souvent un conflit en nous entre deux objectifs : avoir raison, obtenir réparation, être compris (l’objectif du mental) ou accepter la situation, être présent et garder son harmonie (l’objectif de l’être).

 

Ce petit schéma peut illustrer ce conflit dans notre esprit et la bonne décision à prendre :

 

 

schema

 

 

 

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