L’amour pourrait modifier notre génétique (21-02-2008)
http://www.sciencepresse.qc.ca/node/16133
(Agence Science-Presse)
Notre code génétique pourrait, grâce à une bonne dose d’amour maternel, déroger des directives précises de son carnet d’instruction pour nous permettre de nous adapter plus facilement au monde. Plus besoin d’attendre passivement des milliers d’années pour que l’évolution suive son cours.
L’amour maternel parviendrait à modifier notre code génétique, à nous rendre plus confiant et moins stressé. Cette découverte, si elle est confirmée, jetterait un nouvel éclairage sur l’importance qu’ont l’éducation et les expériences de la vie sur l’incidence de certaines maladies comme l’obésité, le diabète et la dépression.
Des généticiens de l’Université McGill à Montréal, ont observé le comportement des rats avec leurs nouveaux-nés.
http://www.guardian.co.uk/science/2007/feb/14/medicalresearch.genetics
Motherly love may alter genes for the better
Les chercheurs savent depuis longtemps que les animaux qui ont été tendrement aimés et soignés par leur mère sont moins peureux et plus aventureux. L’effet calmant procuré par les soins aimants de la mère provient de la modification de l’expression du gène qui contrôle les réponses du cerveau au stress. Cette modification génétique entraîne la croissance de nouveaux récepteurs de stress dans une partie du cerveau appelée l’hippocampe. Les nombreux récepteurs atténuent la réaction du corps aux situations stressantes. Les expériences sur les rats ont démontré que ces modifications pouvaient être durables et transmises aux générations futures.
Selon le Dr Moshe Szyf, responsable de cette étude, ces adaptations sont un moyen dont dispose le corps pour s’ajuster à l’environnement. «Le fait que l’environnement social puisse modifier nos gènes a des implications énormes pour les humains. En déménageant les personnes d’un environnement à un autre, vous pouvez reprogrammer complètement leur génome et causer des effets positifs ou négatifs sur eux pour la vie».
Dr Szyf ajoute que tous les comportements, tels les beuveries ou la violence, qui entraînent pendant une longue période la libération d’hormones dans le cerveau, peuvent entraîner des changements durables du code génétique. Des études précédentes avaient démontré comment la famine vécue par certains bébés pouvait provoquer des changements similaires dans leur métabolisme les prédisposant à l’obésité.
L'échange ci-dessous entre des lecteurs et l'Agence Science-Presse permet de corriger une imprécision de l'article. En effet, ce n'est pas le "code génétique" qui est modifié, mais bien "l'expression d'un gène", ce qui est plus compréhensible.
Pourquoi utiliser indifféremment les formules "modification du code génétique" et "modification de l’expression du gène" ? N'est-ce pas un raccourci un peu grossier ?
On aimerait bien savoir de quoi il s'agit vraiment...
Vous avez raison, c'est un raccourci, bien que je ne le qualifierais pas de "grossier". Les gènes que l'on cherche à modifier sont ceux qui produisent des protéines; ceux qui sont "exprimés"; d'où la phrase "modifier l'expression d'un gène". Toutefois, comme pour le grand public, ces mots ne veulent pas dire grand-chose, on choisit parfois de dire "modifier le code génétique". Ou "modifier les gènes". (Agence Science-Presse)
Sachez qu'il est très grave de confondre code génétique et expression des gènes. D'ailleurs quand on modifie l'expression d'un gène on ne modifie pas du tout le gène !!
Le gène garde sa strucure,c'est seulement son expression qui varie.
Et le code génétique, c'est un langage qui permet de passer d'une séquence d'ADN à une séquence protéique.
Et ce langage ne peut etre en aucun cas modifié!!!
Donc en fait que vous disiez "modifier le code génétiqe "ou "modifier les gènes", c'est FAUX.
Il s'agit bien d'une modification de son expression.
Et l'excuse du " de toutes manières, le grand public n'y comprend rien" laisse un peu à désirer. Justement, si la majorité des gens ne comprend pas ce langage, autant leur inculquer des notions VRAIES et pas du n'importe quoi.
Vous avez raison, bien sûr, de dire qu'on ne modifie pas vraiment la structure du gène, mais ne croyez-vous pas qu'il faille accepter que, dans certains cas, une métaphore permette de faire comprendre un fait, au risque de simplifier? La langue française est remplie de métaphores, et ce n'est pas faire injure à l'intelligence du public que de les employer.
Je pense que de toutes façons le grand public ne sait pas forcément mieux ce qu'est le code génétique par rapport à l'expression des gènes.
Autant employer le bon terme.